Kim Tassel est un comédien français au parcours atypique. Ancien gymnaste de haut niveau, passé par le théâtre, la danse, le chant et le cinéma, il développe désormais une carrière entre la France et l'Inde. De Alibi.com 2, où il incarnait Thomas Pesquet, à The Revolutionaries, série indienne diffusée sur Prime Video, le comédien revient pour Geeks Lands sur son parcours, ses expériences de tournage et ses ambitions.
Kim Tassel : un parcours atypique entre théâtre, cinéma et comédie française

GEEKS LANDS — Pour commencer, une question un peu brute de décoffrage : qui es-tu, Kim Tassel ?
KIM TASSEL — Je suis un comédien français, j'habite à Paris et j'ai un parcours un peu atypique. J'étais gymnaste de haut niveau, puis j'ai complètement bifurqué : je ne prenais plus de plaisir, j'en avais marre. Je suis parti faire des études de droit et de sciences politiques, jusqu'au master.
En parallèle, j'avais déjà fait pas mal de théâtre quand j'étais petit, mais j'avais dû arrêter parce que la gymnastique me prenait trop de temps. J'ai repris le théâtre à la fac de droit, parce que je sentais que le droit n'était pas ma vocation, même si je continuais un peu faute de savoir quoi faire d'autre.
J'ai intégré une troupe amateur en première année de licence. C'est vraiment cela qui m'a donné le goût du théâtre. Ensuite, je me suis professionnalisé : j'ai fait un conservatoire, puis le parcours professionnel de l'école où je prenais des cours. Après deux ans d'école, je me suis senti prêt à me lancer. Cela fait maintenant à peu près quinze ans que je fais ce métier.
GEEKS LANDS — C'est donc une arrivée par passion. En faisant des recherches sur ton parcours, j'ai surtout été frappé par son côté éclectique : théâtre, danse, chant, cinéma, télévision, doublage… Quand on te demande ce que tu fais dans la vie, tu réponds simplement « comédien » ?
KIM TASSEL — J'ai toujours adoré les arts du spectacle. J'ai aussi été danseur, même si j'ai plus ou moins mis cette carrière de côté aujourd'hui.
Enfant, j'adorais monter des spectacles avec mes cousins et mon frère devant la famille, et j'étais un peu celui qui menait la troupe.
En France, on aime bien compartimenter. On a parfois du mal à comprendre qu'un artiste puisse être à la fois comédien et danseur. Pendant longtemps, je disais les deux, mais dans le milieu du cinéma, on ne retenait que « danseur ». Petit à petit, j'ai arrêté de présenter cette casquette pour qu'on me voie davantage comme comédien.
J'ai aussi beaucoup travaillé avec des Anglais et des Américains, qui se considèrent comme des artistes : ce mot regroupe tous ces métiers. En France, cela peut sembler un peu pompeux de dire « je suis artiste », parce que le terme veut tout et rien dire. Mais dans les pays anglo-saxons, ils sont formés à plusieurs disciplines, et c'est aussi comme cela que j'ai voulu me former.

GEEKS LANDS — Si tu devais identifier le moment où ta carrière a véritablement changé de dimension, ce serait lequel ?
KIM TASSEL — Plutôt qu'un moment, je dirais une année : 2016. J'ai participé à deux gros spectacles au Théâtre du Châtelet, à Paris. Cela faisait alors à peu près quatre ans que je m'étais professionnalisé et que je vivais de mon métier.
J'ai senti un avant et un après. C'est là que je me suis vraiment senti à ma place, beaucoup plus à l'aise. Ces beaux projets m'ont aussi donné davantage de visibilité, et ma carrière a un peu plus décollé.
GEEKS LANDS — En regardant tes apparitions, je me suis souvenu de toi dans Alibi.com 2, dans le rôle de Thomas Pesquet. Comment en arrive-t-on à être choisi par Philippe Lacheau pour incarner ce personnage ? Cherchaient-ils un sosie ? Et as-tu conservé des liens avec la Bande à Fifi ?

KIM TASSEL — Cela s'est fait un peu par hasard. Mon agent de l'époque m'a proposé sur le casting, parce que j'avais déjà fait deux publicités dans lesquelles j'incarnais un astronaute.
On m'avait dit plusieurs fois que, lorsque je suis rasé, j'ai des traits de Thomas Pesquet. Je pense qu'ils ont contacté mon agent dans ce sens. J'ai passé l'audition, j'ai été pris et cela a été très agréable. En France, je joue majoritairement des rôles dramatiques, alors que j'adore la comédie et que j'aimerais davantage la développer. J'ai été très bien accueilli par la Bande à Fifi. J'ai eu la chance de tourner une scène avec Gad Elmaleh.
Nous sommes restés un peu en contact avec Philippe Lacheau. L'an dernier, j'ai également tourné une séquence pour LOL : qui rit, sort ! Ce n'était pas dans un cadre de cinéma, mais nous gardons contact.
Je suis très content d'avoir travaillé avec lui. C'est quelqu'un qui s'est donné les moyens de réussir, qui a créé sa bande, un peu comme le Splendid : ils travaillent ensemble, créent leurs projets, et cela fonctionne. Ils le méritent. [Alibi.com 3 est d'ailleurs en préparation]
GEEKS LANDS — Quand on n'a que quelques scènes dans une grosse production, comment donner une vraie existence à son personnage en aussi peu de temps ?
KIM TASSEL — Il faut se mettre un petit coup de pied aux fesses ! Il y a de la pression : j'arrive sur un plateau avec des acteurs célèbres et Philippe Lacheau qui dirige, c'est forcément impressionnant.
Mais je me dis toujours que, dès lors qu'on m'a choisi, c'est que je plais au réalisateur. Sur le tournage, j'essaie de ne plus me poser de questions : je suis là pour jouer et m'amuser. Si l'on réfléchit trop, on n'est plus performant.
GEEKS LANDS — Est-ce que ce temps très court crée aussi une forme d'adrénaline : il faut être bon tout de suite, sans pouvoir monter progressivement en puissance ?
KIM TASSEL — Oui, complètement. On a envie de rendre fier le réalisateur, qu'il se dise qu'il a eu raison de nous choisir.
Philippe a une méthode intéressante, parce qu'il travaille beaucoup dans l'improvisation. On a fait le texte écrit deux ou trois fois, puis il a dit : « OK, maintenant, on lâche tout et on part en impro. »
Gad Elmaleh est parti dans l'improvisation, j'ai suivi, et cela m'a aidé à ne plus réfléchir.
On sait aussi que des dizaines, voire des centaines de personnes travaillent sur un film et qu'il y a des contraintes de temps et de production. Il faut lâcher un peu son cerveau, surtout en comédie, et y aller.
De Made in Heaven à The Revolutionaries : une carrière qui s'ouvre vers l'Inde

GEEKS LANDS — J'aimerais que l'Inde soit le fil rouge de notre entretien. En France, on réduit souvent le cinéma indien à Bollywood, alors qu'il y a beaucoup d'autres industries et de films à découvrir. Quel regard avais-tu sur ce cinéma avant d'y travailler ?
KIM TASSEL — J'ai eu la chance d'avoir un papa qui était un grand amateur de cinéma. Il m'a fait découvrir énormément de films : des films en noir et blanc, des westerns, des films du monde entier, notamment indiens.
Il m'a montré Coup de foudre à Bollywood, une sorte de variation indienne autour de Coup de foudre à Notting Hill. Ce film m'a marqué, parce qu'il sortait de tout ce que j'avais vu jusque-là : c'était très coloré, cela chantait et cela dansait.
Puis j'ai délaissé ce cinéma pendant des années, parce qu'il n'est pas très populaire en France.
J'ai commencé à m'y intéresser à nouveau, et le destin a fait qu'il y a environ trois ans, j'ai passé un casting pour la série Made in Heaven, qui avait très bien marché en Inde.
J'ai tourné dans la saison 2, dans le sud de la France. C'est une série sur les mariages arrangés, sous forme de comédie.
J'ai été pris, j'ai tourné, et cette expérience m'a permis ensuite de trouver un agent et de tourner une seconde fois, cette fois directement en Inde.
GEEKS LANDS — C'est donc Made in Heaven qui t'a permis de rencontrer ton agent à Mumbai. Comment construit-on une carrière en Inde quand on est acteur français ? L'adaptation a-t-elle été compliquée ?
KIM TASSEL — Cela a été un gros tremplin. À la fin du tournage, le producteur de Made in Heaven est venu me dire, en plaisantant : « Tu vas être une star en Inde ! »
Je n'y croyais pas du tout, j'étais à mille lieues d'imaginer les retombées. Ensuite, plusieurs agences de Mumbai m'ont contacté pour me représenter. J'en ai choisi une.
J'appréhendais un peu, parce que ce sont deux milieux et deux cultures très différents. Au final, cela a été très simple. Mon agent connaît très bien l'industrie européenne, et il a réussi à me mettre à l'aise.
GEEKS LANDS — Cette agence travaille-t-elle principalement avec les productions indiennes ou peut-elle aussi ouvrir des portes vers les productions européennes ?
KIM TASSEL — Elle est vraiment spécialisée dans les productions indiennes, notamment les séries. Elle propose beaucoup de comédiens pour Prime Video et Netflix, et de temps en temps pour Apple TV. C'est donc majoritairement pour l'industrie indienne.
GEEKS LANDS — Puis arrive The Revolutionaries, une série récente diffusée sur Prime Video. Comment s'est passée l'audition, et comment as-tu appris que tu avais décroché le rôle ?

KIM TASSEL — J'étais alors sous contrat au Lido, dans la comédie musicale Hello, Dolly!, avec des Anglais et des Américains. Cela faisait cinq mois que j'y étais, à raison de six représentations par semaine : un rythme très éprouvant.
J'étais heureux de faire ce spectacle, mais j'étais à bout de souffle et j'avais hâte de pouvoir souffler un peu. Un mois avant la fin, mon agent indien m'a envoyé un premier casting. Il m'a dit : « Je pense que ce rôle est fait pour toi. » C'était un lieutenant français, pendant la révolution indienne, qui aide des révolutionnaires indiens à se cacher des Anglais.
Le destin a bien fait les choses, car dans la comédie musicale, j'avais déjà un costume qui ressemblait à celui d'un officier français ! J'ai appris le texte en quelques jours et, un dimanche matin, avant une représentation à 15 heures, je me suis filmé tout seul dans une salle du Lido. J'ai envoyé mes essais. Pendant un ou deux mois, pas beaucoup de nouvelles. On m'a dit que le réalisateur les avait adorés, puis qu'ils souhaitaient finalement un profil plus âgé. J'étais déçu. Mon contrat au Lido s'est terminé, je suis parti en vacances, et le dernier jour, j'ai appris qu'ils avaient essayé avec un autre comédien, mais que cela ne fonctionnait pas : ils m'avaient toujours en tête. Ils voulaient finalement que ce soit moi. Je suis parti tourner une semaine après.
GEEKS LANDS — Combien de temps a duré le tournage ?
KIM TASSEL — Je suis parti deux fois. Une première fois sur l'île de Madh, à Mumbai, où il y a des studios de tournage. Ils avaient recréé toute une ville : les décors étaient incroyables. C'était vers mars-avril 2025. Puis j'y suis retourné en octobre 2025 pour tourner en décors réels.
GEEKS LANDS — Tu incarnes donc un officier français. Quelle matière t'a-t-on donnée pour construire ce personnage ? Le scénario était-il très cadré, ou disposais-tu d'une vraie liberté d'interprétation ?
KIM TASSEL — Ils ne m'ont pas donné énormément d'indications. Ce que j'avais proposé pendant mes essais leur avait beaucoup plu, et ils voulaient que je reste dans cette lignée.
Je leur ai demandé quel ton ils imaginaient : un drame, une comédie ? Ils m'ont répondu que c'était une sorte d'Inglourious Basterds, mais en version indienne, avec beaucoup de sarcasme. Ils voulaient un personnage assez piquant. J'ai donc revu Inglourious Basterds. Je me suis surtout documenté sur l'histoire de l'Inde et sur la révolution indienne.
J'en connaissais les grandes lignes, mais j'ai regardé des documentaires sur Arte, lu des livres, et j'ai notamment découvert davantage les rivalités dans certaines villes sous influence française, qui cherchaient à lutter contre les Anglais. Cela m'a beaucoup aidé à construire mon personnage. Pour le reste, j'avais une liberté totale : ils m'ont dit qu'ils me faisaient confiance. Une semaine avant le tournage, la scripte et le premier assistant réalisateur ont organisé une lecture à distance pour vérifier que j'avais bien compris le ton.

GEEKS LANDS — Quand tu arrives sur un plateau indien, qu'est-ce qui te frappe le plus par rapport aux tournages français : la préparation, les équipes, le rythme, la direction d'acteurs, le rapport au temps ?
KIM TASSEL — En France, en tout cas comme comédien, je trouve qu'on est beaucoup dans l'intellect. En Inde, c'est davantage à l'anglo-saxonne, dans l'instant. J'ai donc essayé de travailler de façon plus instinctive et moins intellectualisée que pour mes rôles en France.
Sur le plateau, le fonctionnement reste globalement similaire, mais les moyens sont incroyables : c'est une énorme fourmilière. J'avais déjà fait de gros tournages français, mais là, c'est un autre niveau, presque Hollywood. Il y avait énormément de monde, des décors magnifiques, même l'intérieur des maisons était décoré dans les moindres détails. J'avais l'impression de voyager dans le temps.
J'étais impressionné par le nombre de personnes et la vitesse à laquelle tout se faisait : je ne comprenais pas toujours qui était qui. En tant que comédien, on est aussi très choyé. On m'avait prévenu qu'ils prenaient grand soin des acteurs, et je l'ai ressenti. J'ai eu la chance d'obtenir un rôle que l'on ne m'aurait peut-être pas proposé en France, où l'on est souvent cantonné aux mêmes emplois. Le réalisateur a été extrêmement bienveillant. J'étais le seul Européen sur ce tournage, et les autres comédiens ont été très accueillants. Ils m'ont donné des conseils, m'ont intégré à leur équipe, alors qu'eux tournaient depuis huit mois et que j'arrivais ponctuellement.

GEEKS LANDS — Y a-t-il une journée ou une anecdote qui résume particulièrement cette expérience indienne ?
KIM TASSEL — Deux anecdotes me viennent en tête.
La première concerne le cheval. Je suis cavalier, et on m'avait prévenu que j'allais monter à cheval. D'habitude, sur un tournage, je demande toujours à essayer le cheval avant la scène, pour faire connaissance avec lui.
J'ai insisté auprès de la production et ils ont fini par me l'amener. Mais les chevaux n'étaient pas très bien dressés pour le tournage. À peine étais-je monté qu'un bruit l'a effrayé : il s'est cabré et est parti au triple galop ! J'ai réussi à le maîtriser parce que je monte bien, mais j'étais censé tourner dix minutes après, et arriver moi-même au triple galop dans la scène.
Les chevaux étaient sous des tentes, par une chaleur qui devait atteindre 45 degrés. Ils semblaient épuisés. En France, les scènes équestres sont généralement très encadrées, avec des dresseurs. Là, je ne le sentais pas du tout. Nous étions au milieu de l'Inde, dans un endroit accessible en bateau. Je me suis dit que si j'avais un problème, j'étais à l'autre bout du monde. J'en ai parlé au réalisateur et je lui ai demandé si l'on pouvait réécrire mon arrivée. Il a tout à fait compris. Plusieurs comédiens de la série ne voulaient d'ailleurs pas monter à cheval pour cette raison. Finalement, on a adapté la scène : j'arrivais déjà en place. J'aurais aimé le faire au triple galop, mais cette rencontre m'avait un peu fait peur !
GEEKS LANDS — J'imagine que cela ne t'a pas beaucoup fait rire sur le moment ! Et ta deuxième anecdote ?
KIM TASSEL — La deuxième, c'est lorsque je suis revenu sur le tournage. Pour rejoindre le plateau, il fallait passer par un temple magnifique donnant sur l'eau, puis prendre une sorte de petite pirogue.
Il y avait une dizaine de minutes de traversée chaque matin. C'était un moment vraiment particulier, dans un cadre magnifique.

GEEKS LANDS — Une fois la caméra lancée, as-tu dû adapter ta manière de jouer aux attentes de cette production ?
KIM TASSEL — Pas vraiment, si ce n'est cette volonté d'être plus instinctif.
J'ai tourné plusieurs scènes avec Jason Shah, un comédien d'origine anglaise qui travaille beaucoup là-bas et qui avait déjà travaillé en Europe. Il m'a rassuré : « Ne t'inquiète pas, c'est la même chose, tout va bien se passer. » Il m'a beaucoup porté.
Notre première scène ensemble était une scène de rivalité : mon personnage lui ordonnait de quitter sa ville parce qu'il n'avait aucun droit sur son territoire. Avec les autres comédiens, une centaine de figurants en costume d'époque et les décors, je n'avais même plus le temps de réfléchir. J'avais l'impression d'être vraiment à cette époque, et tout s'est fait très naturellement.
GEEKS LANDS — Après deux expériences en Inde et des tournages d'une telle ampleur, vois-tu cela comme une parenthèse dans ta carrière française, ou comme une véritable deuxième carrière que tu aimerais construire ?
KIM TASSEL — J'espère que ce ne sera pas une parenthèse. J'ai adoré mes deux expériences, même si elles étaient très différentes.
Je souhaite conserver ma carrière française. J'en ai parlé avec mon agent indien : je lui ai dit honnêtement que je n'allais pas déménager pour vivre en Inde, mais que j'avais envie d'y construire une carrière, en parallèle de celle que j'ai en France.
Je sais que j'aurai sans doute là-bas plus de chances et d'opportunités de défendre des rôles auxquels je n'aurais pas accès ici. Et maintenant, je m'intéresse de plus en plus au cinéma indien. C'est une vraie envie.
GEEKS LANDS — Y a-t-il un type de rôle qu'on ne t'a pas encore proposé et que tu rêverais de jouer ?
KIM TASSEL — Je crois que tous les comédiens ont envie de jouer un méchant, un serial killer ! J'ai un peu approché cela dans The Revolutionaries, où je suis un personnage semi-gentil, voire semi-méchant, et c'est jouissif. J'adorerais pouvoir aller plus loin.
GEEKS LANDS — À l'inverse, y a-t-il un emploi dans lequel les directeurs de casting ont tendance à t'enfermer ?
KIM TASSEL — Oui, malheureusement. Je suis un peu cantonné aux rôles de bon père de famille, d'avocat, de juriste…
Comme j'ai un peu une tête de premier de la classe, ils ont du mal à m'imaginer autrement.
GEEKS LANDS — Une question plus légère : si tu devais choisir entre trente secondes mémorables dans un immense film international avec un casting prestigieux, et le premier rôle d'un projet d'auteur plus atypique, que choisirais-tu ?
KIM TASSEL — Étrangement, la deuxième proposition. Je pense qu'en tant que comédien, on rêve tous d'un premier rôle. Je ne fais pas ce métier pour la gloire. Je suis très content d'être dans de grosses productions, mais j'aime jouer.
Je préfère jouer pendant deux heures dans un film, défendre quelque chose de profond, construire un personnage, plutôt qu'apparaître trente secondes, même au milieu des plus grandes stars de la planète.
GEEKS LANDS — Avec quel cinéaste indien aimerais-tu particulièrement travailler ?
KIM TASSEL — Il y a une réalisatrice, Reema Kagti qui était coréalisatrice de la première série indienne que j'ai faite. Elle ne réalisait pas mon bloc, mais elle m'a dirigé pour une scène. J'ai découvert sa filmographie ensuite et j'aimerais vraiment retravailler avec elle, sur un projet où elle me dirigerait entièrement. Cette petite expérience m'a donné envie d'aller plus loin.
GEEKS LANDS — Et du côté français ?
KIM TASSEL — Je suis un grand fan des films de Christophe Honoré. J'adorerais travailler avec lui.
C'est aussi mon père qui m'a fait découvrir Les Chansons d'amour. Il m'avait laissé le DVD un soir en me disant que cela allait me plaire.
C'était la première fois que je voyais un film musical comme celui-là, une sorte de comédie musicale.
Le film a marqué mon adolescence. Je me suis dit : « Oui, j'ai envie de faire ça. »
Donc, Christophe Honoré.

GEEKS LANDS — Pour terminer, si l'on se projette dans cinq ans, qu'est-ce qui te ferait dire que cette aventure entre la France et l'Inde a vraiment changé quelque chose dans ta carrière ?
KIM TASSEL — J'espère que les opportunités que je pourrai avoir en Inde changeront le regard des directeurs de casting et des réalisateurs sur moi en France.
J'aimerais qu'ils cessent de me cloisonner dans certains types de rôles, et que cela m'ouvre d'autres opportunités.
GEEKS LANDS — Peut-être aussi des rôles plus conséquents, de vrais seconds rôles, voire des premiers rôles ?
KIM TASSEL — Exactement. Ou même des premiers rôles, ce serait très bien !
Kim Tassel est actuellement dans « The Revolutionaries », une série télévisée indienne d'action et de suspense historique, réalisée par Nikkhil Advani et diffusée sur Amazon Prime Video depuis le 11 septembre 2026.






