506 copies (pas forcément très élevées) et 62 959 entrées pour son premier jour d'exploitation, en comptant les avant-premières. Le score est bon, pas reluisant, mais OK.
Il s'agit du deuxième plus faible démarrage d'un film réalisé par Guillaume Canet, derrière Lui, sorti en 2021, qui n'avait réuni que 15 551 spectateurs au premier jour. À l'opposé, Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu avait commencé sa carrière à 466 703 entrées, pour terminer autour de 4,6 millions de spectateurs.
Karma : un démarrage modeste, mais deux semaines de vacances pour rebondir

J'évite en revanche les conclusions hâtives : Karma bénéficie de deux semaines de vacances scolaires pour se refaire la cerise, et ça devrait fonctionner.
En revanche, on peut déjà tabler sur une chose : une analyse du financement de Karma, publiée par Serge Siritzky le 21 octobre 2026, révèle une petite dinguerie : malgré ses 24 millions d'euros de budget, Karma a largement sécurisé son financement avant même sa sortie en salles, histoire que tout le monde puisse facilement s'y retrouver.
Un budget de 24 millions d'euros, mais un risque financier limité pour les producteurs

Le financement vient en bonne partie de plusieurs facteurs : les préachats de Netflix, M6 et W9 (plus de 45 %), la coproduction avec M6 (on dépasse les 50 % au total), l'intervention de Pathé (près de 25 %, minimum garanti et coproduction réunis) et la coproduction avec des firmes belges et espagnoles (environ 5 %).
Pour détailler les copains : Netflix, M6 et W9 achètent à l'avance des droits de diffusion du film. Ces sommes participent au financement avant que le film n'ait achevé sa carrière en salles. Pathé intervient de son côté notamment avec un minimum garanti, c'est-à-dire une avance contractuelle consentie en échange de droits, qui représente à elle seule près de 20 % du budget, ainsi qu'une participation en coproduction.
Les producteurs délégués sont Iconoclast Films et Caneo, la société de Guillaume Canet. Selon Siritzky, leur apport en numéraire est approximativement couvert par le crédit d'impôt et ils n'ont pas eu à mettre en participation leurs salaires ni leurs frais généraux. Le risque financier des producteurs délégués est donc assez faible, même si cela ne garantit pas que Karma sera rentable. Et c'est toute la subtilité de ce genre de montage : un film peut coûter très cher sans que ses producteurs aient nécessairement à supporter seuls l'essentiel du risque.
La question que vous pouvez également vous poser, c'est pourquoi ça a coûté aussi cher. Parce que dit budget ambitieux dit grosse logistique de tournage. Celui-ci s'est déroulé entre la France et l'Espagne. En Occitanie, des prises de vues ont notamment été organisées à Saint-Céré et Saint-Médard-de-Presque, dans le Lot. Des techniciens et prestataires locaux ont participé à la fabrication du long-métrage. Peu avare en facilités, ça nous fait penser à lorsque Guillaume Canet avait développé un très gros tournage pour Astérix dans les Monts d'Auvergne, pour se consoler de ne pas avoir pu partir en Chine à cause du covid.
L'équipe technique comprend également des noms solides de notre cinéma : le directeur de la photographie Benoît Debie, la monteuse Laure Gardette et le compositeur Yodelice, auxquels s'ajoute une distribution internationale. On est sur une prod' très ambitieuse qui veut faire jeu égal avec les thrillers US.
C'est aussi un projet très personnel pour Guillaume Canet, qui a voulu revenir à quelque chose de plus proche de son cinéma, après l'énorme machinerie Astérix qui lui a valu des seaux de critiques. Ainsi, au regard du montage financier de Karma, on peut tabler sur ceci : le million de spectateurs semble être le minimum syndical (et ça devrait être atteint), tandis que les deux millions en feraient un très beau succès commercial. Et comme Gourou de Yann Gozlan avait précédemment atteint ce palier, ça semble également plausible.







