Dans le catalogue méga-surchargé de la semaine niveau sorties cinématographiques, il y a cet Englouti de Brian Duffield. 59 000 entrées en cinq jours en France, il y a de fortes chances que les salles l'évacuent de leur programmation dès la semaine prochaine.
Jay Gardiner (Austin Abrams) part en plongée chercher la dépouille de son père, qui s'est suicidé au fond de l'océan. Manque de pot, il se fait avaler tout cru par un cachalot, en même temps qu'un calamar géant qui ne peut pas le saquer. Thalassophobie, claustrophobie et trucs bien gores au programme.
Au final, cet Englouti est un ersatz de survival on ne peut plus basique, un produit interchangeable, très balisé, très formaté. On est sur un long-métrage à frissons très intéressant dans sa majeure partie, gangréné par un final méta complètement halluciné et d'une tonalité trop différente du reste du produit.
Englouti : une expérience suffocante au fond de l'océan

Les effets spéciaux sont plutôt corrects malgré le peu de décors, la façon de cadrer le personnage de Jay ajoute une sensation d'étouffement critique. On suffoque, c'est pénible. Mais dans l'autre sens, c'est réussi.
Ce bleu très sombre de la photographie nous plonge déjà dans les abîmes des fonds marins avant même qu'on pose le nez dans la flotte. Tout de suite, c'est la promesse d'Englouti : on fait fi très vite des introductions, Jay a un papa, il y a une mission et il va devoir aller jusqu'au bout malgré ces péripéties. Et malgré la portée saisissante des scènes suffocantes, on tombe dans les travers d'une série B ultra-conventionnelle autour du dépassement de soi.
On se sert de ce qui se passe autour du personnage pour le faire évoluer, surmonter un deuil, s'affirmer, comprendre le lien qui l'unissait à l'autre, etc. Un parallèle intéressant peut être fait avec le long-métrage Instinct de survie (2016), où Blake Lively était coincée sur un rocher à affronter un requin.
Ici néanmoins, la menace est plus obscure, moins abrutissante qu'un requin vilain en CGI et l'intérêt réside autour du principe que Jay se retrouve surtout face à lui-même. J'avais également pu lire ici et là que les flashbacks pourrissaient l'intrigue et n'arrêtaient pas de la ralentir. Ce n'est pas tout à fait vrai.
Une fin trop métaphysique qui gâche les bonnes intentions du film

La relation entre Jay et son père (Josh Brolin) est intéressante, bien que trop dans les clous dramatiques de la famille dysfonctionnelle.
Chaque flashback est suffisamment court pour ne pas ennuyer et apporter un élément scénaristique direct. L'imagerie est édifiante de peur et d'angoisse (le passage dans l'estomac est affreux), mais le film va pécher avec une fin presque ridicule.
Trop métaphysique, un rapprochement presque mignon se réalise entre le plongeur et le cachalot, malgré la problématique de taille que le premier cité connaît. Le père prend vie à travers l'animal pour que Jay fasse le deuil de ses angoisses et de ses non-dits passés. La résolution un peu kamoulox entre tout droit dans les carcans hollywoodiens.
On aurait pu tout changer en voyant Jay être digéré dans le suc gastrique du cachalot malgré son évolution intérieure. Mais non : on est sur du happy ending. Dommage. Englouti est pétri de bonnes intentions, mais demeure trop classique et balisé dans ses habits de série B pour réellement marquer. Ah oui aussi : je commence à en avoir assez de ces histoires romancées où un personnage coincée au fond de la trachée d'une baleine commence à kiffer sa vie parce qu'il est tombé sur une amie méduse. Stop.
Vous pouvez néanmoins le voir si vous aimez bien les sensations fortes. Englouti est en salles depuis le 14 octobre 2026.


