Il y a peu est arrivé cet Englouti de Brian Duffield, long-métrage très intrigant avec un concept fort : un pauvre gars (Austin Abrams) part en plongée pour retrouver la dépouille de son père disparu et finit avalé tout rond par un cachalot géant.
S'ensuivent alors de longs moments où il remet sa vie en question à l'intérieur même de son bidou. Englouti est pas mal dans son genre, même s'il suit les chemins hyper balisés du thriller classique de série B. Le jeune plongeur Jay vient d'une famille dysfonctionnelle, avec un papa un peu rustre sur les bords et autoritaire sans être violent.
Un peu en marge de sa famille, ses pérégrinations dans le cachalot vont l'amener à se reconnecter intérieurement avec son paternel, et un peu avec l'animal. Oui, c'est fourre-tout, parfois un peu grotesque, mais le résultat est plutôt honnête et sympathique de façon générale.
Englouti : Brian Duffield avait envisagé une fin plus radicale

La fin du long-métrage est, elle, cousue de fil blanc et fait partie des points faibles de l'ensemble : Jay sort du cachalot par une méthode scientifiquement douteuse et parvient à survivre.
Il se fait récupérer par un bateau qui passait par là et une scène familiale s'ensuit, sur un autre bateau. En revanche, s'il y a happy ending, la fin aurait pu être différente.
Dans une longue interview avec The Hollywood Reporter, Brian Duffield a révélé qu'il envisageait à la base une fin plus radicale pour son film. Et ça aurait pu être mieux, oui. Quand on vous parlait de méthode scientifiquement douteuse : Jay fait exploser le bide du cachalot avec de la paille de fer, des piles et sa bouteille d'oxygène. Précisons que le cachalot est déjà en train de mourir après une attaque d'orques. Il perd une partie de son bras gauche, mais parvient à se tirer in extremis d'affaire grâce audit bateau évoqué ci-dessus. Et ça aurait dû être la dernière séquence du film.
Peut-être aurait-il effectivement fallu s'arrêter là, tant ça nous aurait à peine laissé le temps de reprendre notre respiration.
20th Century Studios a insisté pour ajouter une scène familiale

20th Century Studios a cependant insisté pour ajouter une fin plus « satisfaisante » pour le public, après les projections tests, en montrant Jay se rabibocher avec sa mère et ses sœurs, et lire enfin la lettre mystère de son papa (Josh Brolin), puisqu'on nous présente la lettre en début de film comme un fusil de Tchekhov (comme la paille de fer, d'ailleurs).
Fun fact : on ne vous demande pas la probabilité qu'un cachalot avale un sac de paille de fer en bon état. Sans ce saint sac, Jay aurait été digéré comme le calamar qui sert d'antagoniste. Enfin, bref : je m'égare.
Voici la déclaration du cinéaste :
« Le studio a vraiment poussé pour qu'on rajoute cette scène, mais Austin et moi étions sur la défensive. Je me disais : "Je ne sais pas. N'est-ce pas plus cool de le voir être sauvé, et qu'on s'arrête là ?" J'aime quand les films plus anciens se terminent comme ça. […] Il a beau être scarifié et avoir perdu des membres, il y a une vraie paix en lui à la fin. C'est une sorte de paix qu'on ne voit jamais durant le reste du film, même avant qu'il ne soit dans le cachalot. »
Brian Duffield a néanmoins fini par apprécier cette scène supplémentaire, notamment grâce à l'interprétation d'Austin Abrams.
Pour rappel, Englouti est en salles depuis le mercredi 14 octobre. Et au vu de son box-office assez faible, il risque de rapidement disparaître des salles de cinéma.







